Great Ocean Road – Le paradis du surfeur (3)

Suite et fin de l’aventure australienne pour Malo et pas des moindres… Un petit tour à Surf city, ça vous dit ?

Torquay et Bells Beach

Sur la route entre Apollo Bay et Melbourne nous avons fait une halte prêt de Bells Beach, et ses spots de surfs connus mondialement (qui accueillent entre autres le RipCurl surf pro, c’est LA compétition internationale de surf). On décide de s’arrêter à Torquay plus précisément, capitale du surf en Australie! Du coup, obligés d’aller louer des planches. Sous un soleil de plomb, c’est parti pour aller essayer de prendre quelques petites vagues. Pas si petites que ça finalement. En ce qui me concerne j’ai surtout profité du doux goût salé de l’océan pacifique, certains boivent la tasse, là c’était plutôt des grands saladiers. Il paraît que c’est très bon pour la santé. J’ai aussi pu ré-expérimenté l’effet « machine à laver » par lequel tout surfeur qui se respecte adore passer et qui permet de visiter les fonds marins pendant quelques secondes en espérant ne pas se prendre de planches sur la tête. Bref une session pas ennuyante !

Heureusement elle a été plus fructueuse pour Malo qui a pris « la plus longue vague de sa vie ». Surfer en Australie c’est fait et c’était pas de la blague !

Comme on est des surfeurs accomplis, on est allés visiter le musée du surf, rien que ça ! Ca m’a replongé dans mes années « surfeur mag’ ». Des planches de toutes les couleurs, de toutes les tailles et de toutes les époques, pareil pour les combinaisons. Y’a pas à dire, le surf c’est un sport qui a du style et du panache. Affirmation confirmée le soir-même, devant le lever de pleine lune sur la plage à Bells Beach. Alors que le ciel commence à être bien noir, on croise des surfeurs qui rentrent tranquillement de la plage après une session de nuit… Notre hôte à Torquay nous expliquera plus tard que c’est un rituel pour certains d’aller surfer les nuits de pleine lune mais qu’elle évite parce que c’est là que les requins sortent..

Dernier tour à Melbourne

On a regagné Melbourne avec du sable encore plein les cheveux, la peau salée, des bruits de vagues et de mouettes dans la tête. Ces quelques jours on fait voyager tous nos sens.. Quoique un peu sur notre faim niveau nourriture (ahah). On s’est donc bien rattrapés dans la capitale de la Victoria. Entre deux repas on a déambulé dans les Royal Botanical Gardens, promenade de luxe entre ces arbres et fleurs venus d’ailleurs. Puis on a fait un tour par Hosier Lane pour ne pas passer à côté de la street culture qui fait aussi partie de Melbourne.

Des au revoir chargés d’émotions et c’est déjà l’heure de reprendre la route. Direction l’hémisphère nord pour Malo et Sydney pour moi !

Great Ocean Road – Entre océan et forêt tropicale (2)

Les deux jours qui ont suivi ont été bien différents sur la Great Ocean Road. D’un côté l’océan, avec son lot de touristes, de rigolades et aussi de moments de silence face à cette immensité. De l’autre la forêt qu’on ne s’attendait pas à trouver aussi belle et riche ici. Encore deux journées sous le signe de la découverte et de l’émerveillement.

Pour notre journée « touristes », on avait joué le jeu à fond. Dès le matin on était partis en tee-shirts pour se faire surprendre par la pluie et le vent au bout de quelques minutes de route. Heureusement, la route permet de longer l’océan, on n’en a donc pas loupé une miette depuis la voiture. Et nos quelques sorties pour aller voir les 12 apôtres (attraction touristique principale de la Great Ocean Road qui consiste en d’immenses rochers sortis de l’océan) ont été épiques. À coups de courses contre le vent sur la plage ou de slalom entre les touristes asiatiques armés – eux – de ponchos en sacs plastiques qui les protégeaient à merveille (mais dont le côté pratique nous a un peu échappé) ! En tous cas ça donnait lieu à des situations cocasses.

 

Les 12 apostles ne sont pas à retenir pour nous. On a beaucoup plus profité de Lord Ard Gorge. À cet endroit l’océan s’immisce entre deux petites falaises dans un spectacle silencieux et apaisant. Des stalagmites et petites grottes creusées dans cette pierre jaune tout autour rendent l’endroit un peu mystique. On n’a pas résisté à une (très courte) séance de bloc en baskets sur le joli rocher trouvé sur la plage, moment magique !

 

Le soir dans le port d’Apollo Bay, le ciel et l’océan ont sorti le grand jeu, je vous laisse juger par vous-même. En tous cas, la raie qui se baladait entre les bateaux colorés n’avait pas l’air malheureuse.

Le lendemain le voyage a pris une toute autre tournure. Le soleil n’était pas de retour et on a décidé de s’éloigner de l’océan et du monde pour aller se cacher dans la forêt ! Et quelle forêt… La balade au cœur de la Maits Rainforest nous a laissé sans voix. Rien à voir avec le décor dans lequel on avait trouvé des koalas à quelques dizaines de kilomètres de là deux jours plus tôt. Ici tout était humide, on entendait les oiseaux, on était en pleine jungle. Les arbres n’étaient pas moins impressionnants que le jour précédent. Ils étaient mêmes tellement massifs qu’on s’arrêtait tous les 10mètres pour en observer un. Je peux vous dire que se balader dans une forêt de cette envergure avec un fustier donne une toute autre dimension à la promenade. On se disait, cette fois, c’est sur, niveau arbre on ne verra pas mieux !

C’était sans compter la forêt de séquoias géants qu’on allait découvrir un peu plus haut. Difficile mais on a essayé d’en mesurer un (à l’aide de techniques de professionnels que je ne dévoilerai pas ici) et on était pas loin des 65m. Autant vous dire que quand on est au pied d’une forêt d’arbres aussi hauts, on se sent ridiculement petit. Si on compte en fuste, ça fait beaucoup beaucoup de maisons. Dans cette forêt-là c’était grand silence. On avait juste à observer des arbres plantés 80 ans plus tôt et à se souvenir qu’on n’était pas grand chose. Le rayon de soleil qui passait par là, à défaut de nous réchauffer, rendait la lumière du lieu vraiment magique. Un petit tour près des cascades du coin, un petit coucou à un copain kangourou gris qui passait par là et on n’avait plus qu’à aller se remettre de nos émotions.

En regardant les surfeurs sur la plage d’Apollo Bay ce soir-là on s’est dit qu’il était temps pour nous d’enfiler une combi… La suite au prochain épisode !

Melbourne et la Great Ocean Road (1)

Le retour depuis Bright à l’arrière de notre Trooper à profiter les paysages de la campagne australienne a été bien agréable. Après une belle soirée de cloture, les copains parapentistes sont repartis vers la France et l’hiver et nous avons continué à découvrir Melbourne. La Great Ocean Road nous attendait juste après ça.

A day in Melbourne

Au programme : de la culture et de l’art, des buildings, des grands parcs, de la bonne bouffe et bien sûr, le tant attendu océan pacifique !

Tout le monde nous l’avait recommandé, la National Gallery of Victoria ne nous a pas déçue. La triennale qui rassemble les œuvres de 100 artistes venus de 30 de pays a été pour nous aussi ludique qu’inspirante. Déambuler entre les étages de la National Gallery pendant des heures a fini de nourrir notre curiosité.

Après ça on a profité de la vie d’une cité cosmopolite en restant le plus loin possible de notre auberge de jeunesse (pas très accueillante) hors des heures de sommeil. On a mangé chinois, indien (dans un restaurant divin, merci Louise !). Et on a vu l’océan ! Chouette mais l’organisation de la suite nous attendait déjà, en route pour la Great Ocean Road.

Great pour grandiose  

La voiture louée, le airbnb réservé, nous partons pour la Great Ocean Road, l’aventure nous attend. Difficile d’écrire les émotions par lesquelles on passe ici. Pour ma part c’est au delà de ce que j’attendais de l’Australie. La faune et la flore tellement riche du pays sont partout. On en a fait l’expérience dès notre premier arrêt sur la route à Kenett River. Nous partions pour une petite balade dans l’espoir de croiser des koalas. Mais des perruches royales nous ont littéralement attaquées (faux ! on leur apportait des graines mais ça fait moins aventuriers)… Bref on a nourri des perruches royales sauvages qui venaient se poser sur nous sans aucune crainte. Déjà un grand moment, on aurait pu repartir, notre journée été faite.

C’était sans compter la quinzaine de koalas qu’on a croisé sur le reste de la balade. Au milieu de la forêt, dans une ambiance dingue avec autour de nous seulement les bruits des oiseaux, à regarder les plus grands arbres qu’on ait vus jusqu’ici (on a fait mieux depuis… Voir l’un des prochains épisodes), quoi demander de mieux ? Ces petites boules de poils sont tellement apaisantes à regarder qu’on a envie d’être perchés à leur place. Attention, mignonitude à haute dose dans les photos qui suivent.

Cette fois, on savait qu’on n’aurait pas mieux. Ça faisait déjà beaucoup pour un jour. Encore loupé, l’enthousiasme a atteint son comble avec la vue sur l’océan turquoise sur la suite de la Great Ocean Road et l’arrivée dans notre airbnb de luxe (nommé humblement « crashing waves ») depuis lequel on voit la plage et entend le bruit des vagues! Australia, you’ve set the bar high.

La suite de notre « Great Ocean Road trip » bientôt.

Arrivée en été – Bright, Australie

Après un long voyage de 30heures, nous sommes arrivés en terre australienne à Melbourne. On est projetés en pleine atmosphère estivale, ça fait du bien. Une nuit en auberge de jeunesse, des pancakes à volonté au réveil et c’est reparti direction Bright, l’endroit où se déroule l’étape de la Coupe du monde de parapente. On repousse le moment de découvrir l’océan en Australie. J’ai hâte de revenir à Melbourne, cette ville qui a l’air d’être calme et vivante à la fois.

Dans le train pour Bright on aperçoit de loin des kangourous. On voit surtout des grandes étendues sèches, c’est presque désertique. Au milieu des paysages de far west, on s’y croirait. À Bright c’est Gordon qui nous accueille dans le Cottage qu’on a loué sur Airbnb. On a le droit à des vélos, un grand jardin avec barbecue, slackline, l’accès à la rivière qui passe pas loin, chouette ! Un peu à l’image de Melbourne, Bright est calme. Pas beaucoup de passage à part des gros 4×4. Il y a l’air d’y avoir beaucoup plus d’attractions que d’habitants dans cette ville.

Avant le début de la compétition on profite de la rivière, du terrain de BMX d’à côté et les parapentistes font un petit vol histoire de voir à quoi ressemblent les conditions ici. On part plusieurs fois à la chasse aux kangourous – le trésor pour lequel on a tous traversé la planète – histoire d’en voir de près, mais sans succès. On se console avec les perroquets et autres oiseaux hyper colorés qui passent régulièrement au dessus de notre tête.

La soirée d’ouverture de la compétition nous rappelle un peu plus qu’on est en plein été. Un grand pique-nique, un bon chanteur à la guitare et on papote assis dans l’herbe au bord de la rivière. On ne va pas se plaindre. Le lendemain c’est la première manche de la Coupe du monde. Sous une chaleur de plomb, les 120 pilotes décollent pour 88kms au dessus des montagnes australiennes. Ca fait une grosse journée mais toute l’équipe est assez contente du résultat, un bon début de compet’ !

Aujourd’hui, pas de manche prévue (on a vu la pluie ce matin pour la première fois de la semaine). D’autres parapentistes avaient repéré des kangourous donc on est partis sur leurs traces. Meilleur moment depuis mon arrivée ici ! On n’a pas pu s’approcher autant qu’on aurait voulu mais assez pour être déjà hyper impressionnés par leur musculature. Ca file ses bêtes, ça vous sème un Usain Bolt en deux secondes. Au milieu de la forêt, s’accroupir pour observer une bande de kangourous qui vous fixe c’est un truc assez dingue. Pour moi – qui ne fait pas trop la maligne sachant qu’il y a des araignées et autres serpents pas sympas en Australie – c’est le genre d’expérience qui donne envie d’aller se perdre pour rencontrer plein d’animaux qu’on n’a pas chez nous.

Vivement la suite !

Trêve hivernale – Le Collet d’Ancelle

Le retour, des surprises

Après cet épisode de fatigue à Quito et de longues journées de questionnements quant à la suite de mon voyage, le vent m’a (rap)portée en France pour les fêtes. Je n’avais prévenu (presque) personne. S’en sont donc suivis des arrivées surprises : dans les Pyrénées, à Voreppe, à Chambéry, dans le Trièves et au Collet d’Ancelle. Au milieu de ceux qui se doutaient de mon retour imminent, ceux qui n’en avaient pas la moindre idée, les confus, les heureux, les trop surpris, les indifférents à la nouvelle… Moi j’ai bien rigolé 😀 Rentrer sans l’annoncer est une expérience de voyage plus riche que je ne le pensais finalement.

Attention, chauvinite aigüe

Revenir de voyage, court ou long, c’est revenir avec des yeux neufs. Tout en France me paraît coloré, magnifié, chaleureux, doux, accueillant. Bref je fais une chauvinite aigüe ! Mais que c’est agréable de se promener dans les rues de Grenoble emmitouflée des pieds à la tête pour aller se cailler dans une salle de bloc. Moi, la grande frileuse, je ne m’en plains plus tant que ça. Qu’elle est lumineuse cette Chartreuse enneigée qu’on voit se dessiner depuis Voreppe. Que c’est réconfortant de savoir qu’on va retrouver amis et famille. Sans parler de la nourriture ici. D’ailleurs je n’en parlerai pas, il y a trop à dire. Manger est devenue mon activité principale depuis mon retour. Des fêtes de Noël qui avaient une saveur particulière donc !

Je vais avoir besoin de quelques semaines pour digérer ce flot d’émotions et ça tombe bien car j’ai prévu de profiter de l’hiver français quelques temps avant de repartir. J’ai la pêche et à chaque fois que je vois la neige par la fenêtre j’ai l’impression de la voir pour la première fois. J’ai le ski qui démange et besoin de me dépenser, autant en profiter.

L’hiver au Collet

J’ai été servie niveau neige au Collet (hameau du village d’Ancelle, au dessus de Gap dans les Hautes-Alpes) où Jackie et Jo nous ont accueillis pour quelques jours, comme chaque année. L’édition 2017 était vraiment spéciale, on n’a pas quitté le Collet mais on a rechargé les batteries à fond.

Lire au coin du poêle, s’allonger dans la neige, faire à peu près 500 parties de Poker des Cafards (j’ai reçu ce jeu à Noël, je ne sais plus de la part de qui, mais merci à toi Père-Noël car il a été rentabilisé !!), bouder, rigoler, profiter des couchers de soleil – autant vous dire qu’on n’était rarement debout pour le voir se lever -, faire du ski tirée par 2 vélos électriques, de la luge sur une piste élaborée par les plus habiles concepteurs de piste, voir un feu d’artifice tiré devant la maison, ne pas se lasser d’observer les mésanges huppées se régaler devant la fenêtre, rire encore et profiter d’être ensemble, la vie quoi !

Si vous passez dans les Hautes-Alpes, été comme hiver, faites une halte par le Collet. L’accueil de Jackie et Jo et les copains y sont pour beaucoup dans le fait que j’adore l’endroit mais le coin est superbe pour pleins d’autres raisons, vous aimerez aussi.

Pensée pour les copains parapentistes qui ont repris la route direction la Colombie pour la superfinale. Vous pouvez suivre leurs aventures via le compte Facebook de Téo Bouvard : ici.

Arvi’

Chercher le beau à Quito

Episode de l’hôpital…

Cela fait seulement quelques semaines que je voyage, je n’ai vu qu’un seul pays mais j’ai déjà rencontré beaucoup de gens, vu tellement de lieux que mon corps a surement cru que j’étais partie depuis plusieurs mois. En tous cas, en arrivant à Quito il a dit stop. Repos forcé ma petite. Après 2 jours clouée au lit, j’ai décidé qu’il était temps d’aller voir si ce n’était pas plus grave que de la fatigue. Déjà cette histoire d’entorse m’avait mis la puce à l’oreille mais là je me sentais vidée, j’avais du mal à respirer, de l’énergie pour rien et le moral suivait.

Direction l’hôpital de Quito pour vérifier qu’il n’y avait rien de grave auprès d’un médecin francophone. Pas de médecin francophone à l’hôpital le samedi. Plutôt 6h d’attente interminables entre 2 anti-inflammatoires, une radio des poumons et l’inquiétude de n’avoir pas bien compris les explications du médecin en espagnol sur mon état de santé. Finalement rien de grave : grippe + pharyngite + crise d’anémie modérée.

Bien que rassurée, ce manque de forme, en plus de m’avoir mise à plat, m’a surtout fait réfléchir à plein de choses. À ce stade, j’étais toute seule à Quito, avec pas assez de forces pour sortir de l’auberge plus de quelques heures et une sacrée envie de rentrer en France pour me reposer dans un lieu sûr et passer les fêtes de fin d’année avec ma famille. Et voilà, j’étais en plein dans le creux de la vague. Je voulais rentrer.

… puis du vieux Quito

Heureusement, ma copine Thaïs arrivait le soir-même à l’auberge où j’étais. Et le lendemain elle a réussi à me traîner pour aller visiter en long, en large et en travers le vieux Quito. C’est là que j’ai commencé à voir le beau à Quito… Les bâtiments au style colonial respirent ici quelque chose de fort, on ressent le poids des années et de l’histoire dès qu’on lève les yeux.

Que dire des musées incas et des églises aux architectures toutes plus impressionnantes les unes que les autres, dans lesquelles des milliers d’équatoriens viennent d’ailleurs aussi chercher le beau chaque jour. La vue imprenable sur la ville depuis le haut de la Basilica del Sagrado Voto Nacional avec un ciel qui faisait le spectacle a fini de m’émerveiller.

Quand Thaïs est partie vers la Colombie, Sam (rencontré lors du Quilotoa loop) est apparu à l’auberge comme par magie avant de prendre son vol pour rentrer. Les jours qui ont suivi n’ont pas été plus facile niveau forme. À Quito, les gens sont souvent de passage, difficile de trouver un groupe bien qu’il y ait plein de francophones super sympas à l’auberge et puis j’étais trop épuisée pour faire des efforts de sociabilisation.

J’étais partagée entre l’impression d’avoir vécu un mois et demi très riche (c’était déjà beaucoup, ça pouvait s’arrêter là) et le fait de savoir qu’il faut parfois forcer un peu en voyage pour voir un nouveau chapitre s’ouvrir. Ce voyage j’ai décidé de le faire sans fixer de date retour pour pouvoir rentrer quand je sentais que c’était le moment. A ce stade là, j’avais l’impression d’avoir fait beaucoup et la Colombie pourtant si proche géographiquement me faisait moins de l’œil qu’avant mon départ.

… et je pose mes valises.

En attendant de prendre une décision, je cherche le beau, donc. Je profite de chaque sortie dans la ville pour me laisser imprégner par la douceur de l’ambiance. Un rayon de soleil qui donne une jolie lumière aux collines verdoyantes, une musique sur le chemin qui me fait me sentir bien, un groupe d’écoliers qui rit, les monuments qui apparaissent à chaque coin de rue, un échange en espagnol avec des équatoriens dans un commerce, une jolie librairie dans laquelle je peux me perdre quelques minutes. Provoquer l’émerveillement et m’inspirer du décor. « Le beau est toujours bizarre »* disait Baudelaire. Ici, le beau est toujours beau.

Quelques jours plus tard, je suis un peu plus en forme mais j’ai envie de rester à Quito encore un moment pour être sûre d’avoir assez de forces avant de repartir vers d’autres contrées ou de choisir de rentrer me reposer (pour mieux repartir). J’ai commencé un volontariat dans une auberge de la ville. Je suis contente de poser mes valises et de pouvoir être dans un environnement où je continue à rencontrer du monde. Poser ses valises au coeur de la vieille ville la plus étendue d’Amérique latine qui est aussi inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco me paraît être une bonne idée pour aujourd’hui. On verra demain.

*Cette réflexion sur « le beau et l’émerveillement » est inspirée d’un des nombreux podcasts que j’écoute en voyage. Il s’agit de Remède à la mélancolie présentée par Eva Bester et dont l’invité du 12 novembre était Juliette Armanet (que j’adore pour sa musique par ailleurs). Vous pouvez l’écouter ici.

Latacunga y Quilotoa

 

Latacunga

Après cette mésaventure pour ma cheville (#entorse) je décide de continuer jusqu’à Latacunga où on loge dans une super jolie auberge de jeunesse. La vue sur la ville et le volcan de Cotopaxi est imprenable depuis la terrasse. La nuit n’est pas très reposante (comme souvent le samedi en Equateur, jour de fête!) mais pour l’instant je ne subis pas vraiment les effets de l’altitude (Latacunga est à 3000m d’altitude).

 

Sigchos – Isinlivi

Départ en fin de matinée le lendemain direction Sigchos, d’où part la première étape du trek : Sigchos –> Isinlivi. Et oui, malgré mon entorse de la veille et une cheville peu stable j’ai du mal à renoncer au trek de 3 jours qui nous attend. A la descente du car on se retrouve entre « touristes » et je rencontre Samuel, Julie et Vincent que je ne vais plus quitter pendant 3 jours. On s’entend tout de suite bien. Il faut dire que le trek du Quilotoa est renommé pour ses randonneurs perdus arrivant tard au refuge, on s’applique à prendre le bon chemin et ça rapproche! Cette première étape n’est pas une promenade de santé, ça monte et ma cheville n’est pas super contente mais j’arrive à bout des quelques heures de marche.

L’arrivée au refuge est grandiose! On a choisi ce trek aussi pour la qualité des refuges en route dans lesquels les voyageurs se rencontrent et se lient d’amitié. On en attendait pas tant! Des lieux de vie magnifiques, un spa (le luxe!), une salle de yoga face à la montagne, du feu dans la cheminée dans chaque chambre, bref, on est reçus comme des rois. Le lendemain matin je profite d’ailleurs d’un cours de yoga face à la vue, trop chouette. On croise un lama devant la salle de bain de notre chambre, c’est bucolique.

 

Isinlivi – (Sigchos) – Chugchillan

Seulement je sens que ma cheville ne tiendra pas un jour de plus de trek. C’est un peu le coup dur parce que le groupe est super, j’ai vraiment envie de passer quelques jours de plus avec eux. Je cogite, réfléchis aux solutions. J’ai envie d’essayer de relier les étapes suivantes avec d’autres moyens de transport que mes pieds pour rejoindre les autres le soir. Je me renseigne et pour l’étape suivante il faut revenir à Sigchos et repartir dans l’autre sens (c’est pour ça que les gens le font à pied…). Bon. J’ai envie de continuer l’aventure alors je fonce.

Sur la place du village je rencontre une petite dame et je lui demande comment relier Isinlivi à Sigchos. Et là, l’aventure commence! Elle m’explique qu’il y a une « carro de leche » qui va passer par la place du village d’ici 30minutes. J’embarque donc à l’arrière du camion de lait en direction de Sigchos, meilleur moyen de contempler le paysage. Je suis debout entre les écoliers et les villageois qui descendent à la ville. Les arrêts sont nombreux, à chaque ferme on récupère du lait. Quel moment de dingue. Du silence sur la route, juste les rires des écoliers, les bruits de la nature et le paysage autour. J’en prends plein les yeux (et le dos aussi, merci la route de montagne très irrégulière) pendant 1h30, vive l’expérience locale. A Sigchos ça se complique, mais j’arrive rapidement à arrêter une voiture qui va en direction de Chugchillan. Le conducteur a l’air honnête et c’est parti pour 1h de route beaucoup moins éprouvante, de ce côté là de la montagne la route a été refaite récemment.

Arrivée au refuge numéro 2 avec quelques heures d’avance sur les marcheurs, j’en profite pour passer du temps avec les volontaires français qui y bossent. Le reste du groupe arrive enfin et on profite de l’après-midi pour visiter le très petit village, jouer aux cartes, au ping-pong pour certains, au billard pour d’autres, c’est le moment détente! Un bon repas tous ensemble et c’est le moment d’aller dormir. Je partage le dortoir avec Sam (un suisse rencontré la veille) et Fred (un québécois tout aussi sympa) et pour pas s’endormir bête, Fred partage avec nous une super invention pour voyageurs : le Steripen. Un bâtonnet lumineux qu’on plonge dans l’eau pas potable, qu’on fait tourner dans l’eau 1min30 et qui rend l’eau carrément buvable, testé et validé!

 

Laguna del Quilotoa

Dernier jour de trek et le plus important parce qu’on va découvrir la fameuse lagune de Quilotoa si tout se passe bien. Pour l’équipe des non-marcheurs c’est plutôt facile, il s’agit de prendre le bus en fin de matinée! On retrouve le groupe des courageux dans une petite taverne du village où on goûte le « cuy » local (en français ça s’appelle du cochon d’Inde mais on préfère pas y penser alors on parle de cuy). Personne n’est fan du goût assez fort de la viande. Enfin on découvre la lagune, majestueuse au milieu de son cratère, c’est de toute beauté!

Il est déjà temps de rentrer à Latacunga. Une partie du groupe reste dormir sur place, c’est un peu émouvant de se quitter, 3 jours aussi remplis dans la vie d’un backpacker ça doit valoir quelque chose comme 3 semaines dans une vie normale. On sait qu’on n’a pas trop le temps donc on skip souvent la partie superficielle de la rencontre pour arriver rapidement à l’essentiel.

 

Quilotoa – Latacunga

Pour finir en beauté, alors qu’on devait prendre le bus, Vincent nous convainc de descendre en Jeep. Le monsieur qui nous le propose fait payer ça cher mais on est d’accord pour dire que l’expérience vaut le coup! Hop, on se retrouve tous les 4 avec Sam, Julie et Vincent à l’arrière du pick-up. C’est un vrai film avec musique, soleil et vent sur le visage, lumières magnifiques, paysages à couper le souffle. Le conducteur va carrément vite et quand il s ‘arrête au bout de 15min en disant qu’il va « chercher son permis de conduire » on est perplexes. Mais quand il revient avec d’énormes couvertures qu’il nous donne pour qu’on reste au chaud jusqu’en bas on est aux anges! Encore un trajet à couper le souffle mais partagé avec des copains c’est encore mieux. On passe notre temps à dire qu’on a trop de chance de vivre des moments comme ça.

On arrive à Latacunga un peu fatigués. Marie et Mélanie filent vite à Cuenca, adios les filles, merci pour ce bout de voyage partagé! On passe la soirée tous les 4 avec Julie, Vincent et Sam. Entre francophones qui parlent 3 français différents y’a moyen de bien rigoler!! On en profite jusqu’au bout parce que Julie et Vincent partent ce soir aussi vers Quito. Ca fait un petit pincement au coeur de laisser partir de belles rencontres mais c’est ce qui fait le charme du voyage. Et avec Sam on est pas abandonnés parce qu’on rencontre quelques minutes plus tard Etienne, un français qui fait un semestre d’études à Bogota! Sacré personnage.. Les rencontres se suivent et ne se ressemblent pas! Chouette!

Pour moi la suite c’est Quito.. Au moment où j’écris ces lignes j’y suis déjà depuis quelques jours et je peux vous dire que ça a surement été les jours les plus difficiles depuis le début de mon voyage! Suite à venir…